Pourtant, cet équilibre ne tient qu'à peu de choses, tout semble si fragile, comme un château de cartes qui pourrait s'écrouler au moindre souffle d'air. Et c'est en quelque sorte un sentiment grisant de savoir que tout peut basculer d'une minute à l'autre. La beauté dans l'éphémère, dans le fragment, je trouve que c'est quelque chose de très poétique. Comme une sorte de musique que l'on fredonne à nos oreilles et qui nous berce pour atténuer nos doutes, nos peurs et nos échecs mais aussi pour célébrer nos victoires. Lorsque l'on marche dans la rue, et que l'on sent l'air environnant, les bruits de la foule autour de nous, cela nous ancre dans la vie comme un bateau amarré au port et il est parfois difficile de sortir de cette attache mais je crois que cela est nécessaire. Je ne peux pas expliquer pourquoi j'ai besoin de fuir tout cela mais c'est un besoin vital. Il faut mettre un pied devant l'autre, et tenter d'avancer encore et toujours pour aller au-delà de nos possibilités. Ces forces qui nous animent peuvent parfois s'affronter et alors on a l'impression d'être morcelé, d'être un tout disparate et confus sans début ni fin, sans naissance ni CODA. On se sent perdu, on ne sait plus très bien qui l'on est ou qui on souhaiterait devenir. Et cette lutte intérieure, interminable pleine d'ignominie, ne nous mène absolument nulle part si ce n'est dans l'ombre, à l'écart d'une vie à laquelle vous aspiriez.. Qui peut vraiment souhaiter une vie de contemplation mélancolique? Cela n'a absolument aucun sens, il ne faut pas rêver sa vie, il faut la vivre... mais cela est si compliqué! Essayons toujours, dira-t-on. Oui, mais ce remet-on d'un pareille échec?




